En début d’année, j’ai eu l’occasion d’aller voir les Bloody lors d’un festival se déroulant à Lyon (cf l’affiche ci-dessus). Début du concert à 21h30, je savais que la partie des Bloody ne commençait que vers 1h-1h30 (du matin ofc).
Histoire de partir du bon pied, quelques potes et moi nous étions mis une légère mine avant de partir, sur les coups de 23h. Car, il faut le reconnaitre, écouter de la musique électro à fond la caisse avec un p’tit coup dans le nez, c’est quand même vachement agréable. Premier constat, l’accès au site : le festival était organisé dans le site de la Doua (le campus universitaire lyonnais) qui n’est accessible qu’à pied ou par tramway. La deuxième solution était déjà plus envisageable vu la distance entre le centre-ville et le campus.
Un seul et unique mot peut résumer la vision d’horreur que nous avons eu en voyant arriver le premier tramway : buée. En cette période de l’année (fin mars-début avril), il règne constamment un climat hivernal dans notre bonne ville. Résultat, avec 500 personnes dans un tramway qui peut en contenir 300, le contact des souffles de respiration avec les vitres en plexi entraine irrémédiablement une buée qui rend les vitres quasiment opaques. Bref, on tente de se frayer un chemin, on se colle, on met quelques coups de coude par ci par là, histoire de pas être tassé contre la porte d’accès et on se fait le plus petit possible. Et puis c’est le drame : emporter par les vapeurs d’alcool se dégageant de tous les wagons et par les cris/chants hystériques des fans d’électro, on se lance emporter et on braille autant qu’on peut. C’était en quelque sorte un concert avant le concert !
Arrivée devant le Double Mixte (la salle où était le concert), grosse frayeur : des centaines, des milliers de jeunes qui courent de partout et qui gueulent à s’en décrocher la mâchoire. Juste oufissime. Alors on court. On sait pas pourquoi, mais on court. On a nos places en mains et on est heureux. On se colle dans la file, à quelques mètres des super escaliers du Double. Pour ceux qui ne les connaissent pas, voici un rapide topo vis-à-vis de ces escaliers de la mort : ils sont très raides, en forme d’entonnoir et en plus, il y a des mecs de la Sécu qui fouillent en haut. Bref, monstrueux embouteillages à chaque concert, grosses bousculades, toujours quelques malaises, mais j’amais rien de grave (et puis on s’en branle, on positive, on est là pour se marrer (et pour mettre quelques mains au cul)).
Arrivée dans la salle. C’est grand, c’est très grand. Dix mille mètres carrés de jeunes, les bras levés, la moitié déjà aphone. On arrive pile poil pour le début du concert des Naive New Beaters (un des groupes en plus des Bloody que je comptais bien voir !).
Ce groupe est vraiment formidable. Contrairement à leurs morceaux CD, leurs lives sont beaucoup plus pêchus, beaucoup plus entrainants, beaucoup plus rythmés. Puis faut avouer que le chanteur met grave l’ambiance avec son accent anglais (alors qu’il est d’Ile de France) et ses sauts de cabris. Leur partie a duré 1h30 environ et on s’est vraiment éclaté. Ils sont trois : Martin Luther B.B. King (guitariste), Eurobelix (machines) et David Boring (chant).
Vers 2h, gros blanc. Dix minutes passent. Et puis … salle noir. Et commence à résonner les sons de basses, très très puissants, du genre ceux qui vous font vibrer les jambes alors que vous êtes totalement immobile. Puis les cris, les cris de plusieurs milliers de jeunes venus pour les voir : les BLOOOOODY BEEEETROOOOOTS !
Pendant plus de deux heures, ils nous ont servi un son plus que parfait, bien bien lourd, avec les enceintes du Double montées à fond. Je pense pas qu’il existe de mots pour définir ce concert tellement tout était parfait : un son nickel, des Bloody’s au top de leur forme, un nouveau à la batterie qui envoie du pâté, des pogo dans tous les sens, des gens qui bougeaient de partout (en général, y’a toujours des mecs qui restent dans leur coin), 10000 mètre carrés de foule qui hurlaient, transpiraient, se déchainaient. J’ai rarement fait des concerts aussi jouissifs. Au bout d’un moment, on était teeeellement en transe, qu’on oubliait tout, la chaleur, la soif, la fatigue. C’était parfait.
Vers 4h-4h30, le concert s’est terminé en apothéose, avec un remix de Mac Mac (voir au bas de l’article) et tous les jeunes qui étaient au concert ont mis une bonne demie heure à se disperser, la plupart marchant le long des rails du tramway pour rejoindre le centre ville. Voir plusieurs centaines de personnes marcher comme lors d’une manif’ à 5h, ça fait bizarre.
Bref, le concert de ma vie, pour l’instant.
Gyps <3
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